Soudainement, ce mot de passe prend tout son sens. Juste quelques lettres tapée sur le clavier, je l’avais trouvé il y a peut être deux mois, il m’était venu de manière naturelle, selon mon état d’esprit. Et à chaque fois que je dois écrire ces cinq lettres, tout me parait simple et déprimant à la fois. Tout est clair, limpide, ça coule comme l’eau peut couler, fluide et puissante. On ne peut pas empêcher l’eau de couler.
Mon but est là : Je vais réussir cette année de prépa. Avoir une école pas trop mauvaise. Il faut que j’arrête de réfléchir sur rien. Il faut que j’arrête de penser à ce qui ne va pas chez moi. Et il faut surtout que je change de mot de passe.
Je me demande quel est le degré de véracité des mots que je prononce. Ce que je dis maintenant pourra être faux demain. Ce que je pense maintenant aura peut être changé demain. Le problème c’est que je ne peux pas formuler de loi concrète sur mes pensées parce qu’elles sont trop changeantes. Alors ça veut dire quoi ? Que je ne peux pas dire la vérité ?
Il y a aussi le mensonge. Est-ce que si je mens maintenant sur ce que je ressens, alors que je sais que c’est quelque chose que je ressens en temps normal, je fais quelque chose de mal ? La sincérité des sentiments au moment présent est importante. Mais alors si ces sentiments sont déplaisants pour celui qui les connaît ? Est-ce qu’il faut que je me taise ?
Alors me voilà à soulever le problème du mensonge par omission. « Je n’ai pas dit de mensonge, mais le sous-entendu de ce que j’ai dit n’est pas la vérité. » Voilà quelque chose que je ne veux pas faire. Mais encore, tous les sentiments sont tellement changeants que si je dit quelque chose de vrai à ce moment, ou quelque chose de faux, il y aura autant de change que le vrai devienne faux et le faux devienne vrai.
Cette réflexion ne me mène nulle part.
J’ai peur de l’eau profonde.
Je nage dans la mer, tranquillement. J’avance par brassées régulières, le but étant d’atteindre la bouée la plus éloignée. Parfois quand je mets la tête sous l’eau j’entends le silence de l’eau où chaque mouvement devient un grondement sourd. Et je nage, je m’éloigne de la plage.
Un peu fatiguée, je me redresse sur moi-même, et je sens que l’eau un peu plus d’un mètre sous la surface est plus froide. Elle est plus sombre. La chaine qui part de la bouée disparait dans ces profondeurs.
C’est noir, c’est silencieux. Il y a des poissons et peut être des méduses, mais on ne les entend pas. C’est rien, comme la mort. C’est le néant dans lequel je nage. Soudainement je sais qu’il va m’engloutir. Je suis angoissée, pas paniquée. Cette sensation désagréable me poursuit. Regarde-moi. Je ne suis rien. Je ne suis nulle part.
Je rentre à la plage.
Vite.
Cette phobie ma fascine. Je m’amuse à la combattre. A nager plus loin. Mais pas seule, avec d’autres personnes avec moi j’y arrive. Quand je suis seule dans l’eau je ne sais plus qui je suis, tout devient absurde et en même temps tellement logique.
Fascination.
Pourquoi tu regardes les scènes de tuerie à la télé ? C’est fascinant. Pourquoi tu es là, à regarder les étoiles alors que c’est les même que d’habitude ? Pourquoi tu regarde le feu bruler ? Pourquoi mets-tu du sang sur tes dessins ? Pourquoi regardes-tu le hérisson mort sur le bord de la route ? Pourquoi à tu envie de savoir si le scarabée va échapper aux fourmis ? Pourquoi tu ne fais rien ? Pourquoi tous ces miroirs ? Pourquoi observer ce qui est laid ? Pourquoi observer ce qui est beau ? Pourquoi cette fascination au sujet de la mort ? Du sommeil ? Des cauchemars ?
Je n’ai pas d’explication.
« ARRETES !! » hurle l’ami imaginaire. Des fois il se réveille. Quand il sent que ça ce détériore, il remet un peu d’ordre dans ce qui pourrait être mon esprit et qui n’est qu’un tas de cellule bizarre qui font des trucs bizarre.
A partir de ce charmant message (hinhin), je m'octroie le droit de mettre n’importe quoi dans cette colonne (alors attention ça va être le défoulage).
Signé : Ayss à encore frappé sur son blog

Arteficier dit : t'en pense quoi de ton blog toi ?
Ayss dit : c'est une vérité qui change
j'écris des choses de manière complètement impulsive
d'un jour à l'autre mon point de vue change
Arteficier dit : oui j'ai vu ca
Ayss dit : donc ce qui est écrit est vrai pendant au moins un moment
après je sais pas ce que ça devient
Arteficier dit : faut vraiment que je les lise au jour le jour
sinon ca fait bizarre
Ayss dit : je vais marquer ça quelque part je crois